Paroisses Saints Salvy et Rustique en Minervois
Notre-Dame des Étangs - Sainte Colombe
Homélie 2026-09-13 – Père Bogdan

281. Rm 14, 7-9, XXIV Dimanche du Temps Ordinaire, A, Réflexion 2026*


Sœurs et Frères,

 

Toujours plongé dans mes cartons, toujours en pleine découverte de « ma » nouvelle Paroisse, je n’ignore pas que je vous dois une réflexion dominicale. Une réflexion que, pour la première fois, je vous envoie d’Olonzac, qui fait partie de cette vaste Paroisse appelée «  Paroisse de Saints Salvy et Rustique en Minervois, Notre Dame des Etangs, Sainte Colombe ». Elle regroupe 25 clochers et sera « gérée » par Bogdan et le Père Sławek – mon confrère polonais. Et je vous avoue qu’à peine arrivés, nous avons été accueillis avec beaucoup de bienveillance… et une curiosité sans égale.

 

En ce qui concerne ma modeste réflexion de ce dimanche, je me rends compte, que je vous ai déjà commenté la première lecture du Livre de Ben Sira le Sage (cf. réflexion n°148) ainsi que l’extrait de l’évangile selon saint Matthieu (cf. réflexion n°13)¹. Mais quand j’ai lu la deuxième lecture, je me suis dit : « Bogdan cet extrait de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains tombe bien pour toi, toi qui démarres dans une nouvelle Paroisse, complètement différente de celle de Sète – ‘l’Ile singulière’ ». Entouré par des vignes et des personnes attachées à leur terre, j’ai reçu ces paroles de Saint Paul comme faites pour moi. Elles me disent bien en quoi doit consister « ma » nouvelle mission.

Quelqu’un pourrait dire ceci : « Bogdan, rien d’étonnant ; la Parole de Dieu, même si elle poursuit le cycle régulier de l’année liturgique, tombe toujours au « bon moment ». Autrement dit, elle est toujours la « réponse » à quelqu’un qui vit en vérité sa propre vie sur le chemin de l’amour de Dieu, de soi-même et d’autrui.

 

C’est tout à fait vrai. Merci pour cette remarque.  Je n’ai rien à ajouter. Cependant, qu’est-ce que cela signifie pour chacun de nous concrètement ? Que peuvent signifier pour notre vie, ces mots de Paul :  ‘aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même’ ; des mots très beaux certes, mais un peu énigmatiques » ? Pour mieux comprendre cette deuxième – et brève – lecture, il nous faut la lire dans le contexte du chapitre 14, d’où elle est tirée. Parce que « dans ce chapitre, Paul envisage le cas de certains chrétiens qui n’ont pas encore tiré toutes les conséquences de leur conversion à l’Évangile. Bien qu’ils aient embrassé la foi, ils se croient toujours tenus par les prescriptions légales du judaïsme (voir Col 2,16-23 ; 1 Tm 4,3-5 ; Tt 1,15). Comme il l’a fait aux chapitres 1Co 8,7-13 et 10,14-33, à propos des viandes sacrifiées aux idoles, Paul demande d’une part que chacun agisse en conformité avec ses convictions personnelles (v. 5-6) et d’autre part, que forts et faibles évitent de se juger mutuellement. L’amour fraternel permet à tous, quel que soit leur degré d’avancement dans la foi, de vivre dans la paix et l’unité. Celui qui a une foi éclairée ne doit pas mépriser les scrupules de conscience du faible. Le mot traduit par scrupules pouvant également signifier opinions, certains traduisent : sans discuter les opinions, sans vouloir juger des opinions. »²

Dans ce contexte ces mots de Paul : ‘aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même’, comme toute cette deuxième lecture, tombe très bien au moment où je commence « ma » mission, dans « ma » nouvelle Paroisse. Parce que tout d’abord, encore une fois, je dois me rendre compte, que je ne vis pas pour moi-même et que je ne suis pas venu en mon propre nom dans cette terre que baignent les vignes. De plus, je ne suis pas venu ici pour « remplir parfaitement » la charge qui m’a été confiée. Et je ne suis pas ici, non plus, pour faire « mourir » tous mes défauts et être sans reproches aux yeux des gens et même de mon Archevêque ; lui qui m’a envoyé comme curé de la Paroisse.

Parce que si je dois « mourir » à tous mes « égoïsmes » et mes « prétentions », mes « préjugés », mes « je sais bien le faire… », c’est parce que l’amour, qui est l’essentiel de la vie de chacun de nous, me pousse à aller plus loin. Parce que cet Amour victorieux sur la Croix m’appelle à « l’imprévu » et à la plénitude de cet Amour. Tout cela sans me négliger moi-même, mais avec conviction, sans « fausse humilité ». Nous n’avons pas la vie à jouer, nous avons la vie à vivre telle quelle est aujourd’hui et c’est magnifique, n’est-ce pas ? Et peu m’importe que toute ma vie ne suffise pas à comprendre à quel point l’Amour est primordial, au-delà de tout, dans notre existence humaine.

 

« La connaissance rend orgueilleux, tandis que l’amour fait œuvre constructive. Si quelqu’un pense être arrivé à connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faudrait » – Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens ; 1 Co 8, 1b-2)

 

Bien à vous tous mes chers fidèles Lecteurs

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous

votre frère, Bogdan

 

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¹Il me semble vous avoir commenté presque toutes les premières lectures et les évangiles du cycle dominical A, B, C, qui est le système de rotation sur trois ans des années liturgiques. Donc, sans exception, je me pencherai désormais, pour le dimanche, sur la deuxième lecture de la Parole de Dieu tirée du Nouveau Testament.

²Selon les notes de la TOB pour le chapitre Rm 14 – Traduction œcuménique de la Bible, édition Cerf 2012. Il est fort recommandé par l’auteur de cette modeste réflexion de lire ce chapitre tout entier ; les vacances sont finies – clin d’œil avec sourire.

 

*À tous ceux qui lisent ma réflexion pour la première fois, je voulais préciser qu’il s’agit d’une base destinée à la propre réflexion de chacun sur la Parole de Dieu ; cette Parole que rien ne peut remplacer.

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