Paroisses Saints Salvy et Rustique en Minervois
Notre-Dame des Étangs - Sainte Colombe

Homélie 2026-10-04 – Père Bogdan


284. Ph 4, 6-9, XXVII Dimanche du Temps Ordinaire, A, Réflexion 2026*


 

Sœurs et Frères

 

Cette fois-ci pas d’exception ! D’ailleurs j’ai vérifié mes propres archives et constaté que j’avais déjà commenté la première lecture et l’évangile de ce dimanche. Nous pouvons donc nous pencher sur l’extrait de la lettre de saint Paul apôtre aux Philippiens, qui est notre deuxième lecture. Le contexte de sa rédaction vous est déjà connu vous puisque je l’ai évoqué il y a deux semaines. Donc nous pouvons « attaquer » directement le texte.

Mais avant tout mes chers lecteurs, je voudrais partager quelque chose avec vous. Vous dire que depuis samedi soir, le père Sławek et moi, nous sommes devenus officiellement les curés des Paroisses de Saints Salvy et Rustique en Minervois, Notre Dame des Étangs, Sainte Colombe. Cela a eu lieu samedi dernier au cours de la messe, avec les rites spécifiques à l’installation d’un nouveau curé. Nous étions très chaleureusement entourés par nos Sœurs et Frères paroissiens. Et même par quelques Sétois qui se sont rendus à cette belle cérémonie. La messe fut suivie bien sûr d’un « apéro » convivial, sans lequel notre installation aurait risqué de n’être pas valable.

Parenthèse fermée…mais j’avoue avoir eu besoin de vous faire part de cet évènement. Oui, même pour un curé, le cœur ne peut résister parfois à ce besoin de partage. A présent, penchons-nous sur la Parole de Dieu qui nous fait vivre ! Nous sommes donc au dernier chapitre de cette lettre aux Philippiens, et je peux dire que Paul dévoile ici son cœur et son attachement à la petite communauté dont il prend soin, en leur lançant les appels suivants :

Tout d’abord celui-ci : « Frères, ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. » Cette phrase, présuppose les inquiétudes dont la vie des chrétiens est traversée ; les chrétiens de l’époque comme ceux d’aujourd’hui. Nous tous, chrétiens, nous devons, dit Paul « faire connaître à Dieu » nos demandes. Cependant notre appel ne sera pas porté seulement par la prière et la supplication, mais aussi par l’action de grâces, « en rendant grâces ». Et cette forme de prière – l’action de grâces – porte beaucoup en elle. Je m’explique. Nous prions tous Dieu – même de temps en temps – et « en toute circonstances » pour nous ou pour les autres. Néanmoins « rendre grâce » à Dieu dévoile le véritable attachement que nous Lui portons. Cela signifie qu’Il pour nous est la source du bonheur, et que nous avons déjà fait l’expérience de ses bienfaits. Et c’est très important car chaque « supplication », chaque « demande » adressée à Dieu sera entendue autrement si elle passe par notre cœur, conscient que Dieu et la source de tous les bienfaits de ma vie et qu’Il prend soin de moi (cf. Mt 6,25-34).

Deuxièmement point fort de cette lecture : « Enfin, mes frères, tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. »

Que pensez-vous de ces paroles de Paul ? Exige-t-il de ses frères et sœurs qu’ils deviennent meilleurs que les païens ? Je dirais pas du tout ! Demande-t-il de prendre un chemin pour attendre un idéal, tel que briller dans la société ? Je dirais, plutôt « non » (clin d’œil). Il est vrai que « Paul recommande, dans ce verset 8, un idéal de conduite dont tous les termes étaient courants chez les moralistes grecs de son temps (c’est la seule fois qu’il emploie le mot de ‘vertu’, cf. Sg 4,1 ; 5,13), mais il invite, dans le verset 9 (qui suit notre texte) à le mettre en pratique suivant les enseignements et surtout l’exemple qu’il en a donnés, 3 17 ; cf. 2 Th 3 7+ »¹.

Quelqu’un pourrait me dire alors : « En fin compte, Bogdan, quelle est la différence entre l’idéal proposé par les païens de l’époque, ou de notre temps – et l’idéal d’un chrétien, de notre temps ou celui de Paul ? » La question vient fort à propos. Voici ma réponse. Pour quelqu’un qui ne partage notre foi, comme pour nous-mêmes, il n’y a rien de mal à se perfectionner en faisant tout ce qui exprime la dignité et la profondeur de l’être humain : « tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, prenez-le en compte ». De faire tout qui permet, à moi-même et à mon prochain, de grandir dans notre humanité. En revanche, selon Paul, pour nous les chrétiens, tout se passe « en Christ », en qui chaque baptisé est invité de demeurer – « Ainsi, mes frères bien-aimés pour qui j’ai tant d’affection, vous, ma joie et ma couronne, tenez bon dans le Seigneur, mes bien-aimés. » (Ph 4,1 ; voir Jn 15,4-5.9). Et pourquoi est-ce très important ? Parce que notre but n’est pas d’être « parfait », selon les critères de notre société. Notre « idéal » c’est de se laisser transformer par l’amour du Christ et par la relation étroite avec Lui. En amour, chacun de nous devient « idéal », sans l’être forcément selon les critères du monde qui nous entoure. Pour nous, les chrétiens, notre plus grande réussite, ce n’est pas de devenir parfait, c’est de se laisser perfectionner par l’amour de Dieu. Ça vous va ?

Bon Dimanche à chacune et chacun de vous,

Votre frère Bogdan

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*À tous ceux qui lisent ma réflexion pour la première fois, je voulais préciser qu’il s’agit d’une base destinée à la propre réflexion de chacun sur la Parole de Dieu ; cette Parole que rien ne peut remplacer.

Pour d’éventuels nouveaux adhérents : si vous voulez recevoir ce courrier, formulez votre demande sur mon adresse personnelle : bodziol@gmail.com (évidemment vous pouvez vous désabonner à tout moment). Je réserve l’adresse mail de la Paroisse pour les affaires de la Paroisse : paroissecop@gmail.com. Vous trouverez ma réflexion aussi sur le site de « ma » nouvelle paroisse – https://paroisseolonzaccapestang.catholique.fr – où il faut entrer dans le casier (barre en haut) « Célébrations » puis « Réflexions/Homélies »). En tous cas vous êtes libres.

¹ Selon la note pour Ph 4,8 de la Bible Jérusalem, édition du Cerf 2000. La même chose avec quelques petites précisions, nous pouvons lire dans la note de la TOB : « C’est le seul emploi dans les épîtres de Paul d’un mot fort courant chez les moralistes grec. Les six qualités énumérées dénotent une estime respectueuse pour les valeurs saines et louables de l’idéal moral des païens. Et le verset 9 montre que ces valeurs sont vécues par les croyants dans une tradition (2 Th 2,15 ; 3,6), à l’exemple de Paul lui-même qui vit dans le Christ (3,17), Ainsi se complète le détachement indiqué (3,7-8). » Selon la note pour Ph 4,8 de la TOB – Traduction œcuménique de la Bible, édition du Cerf 2012.